Bienvenue à notre table
En Égypte, on ne vous demande pas si vous avez faim. On vous sert.
Nourrir quelqu’un est notre façon de dire que nous vous aimons, et que cette maison est un peu la vôtre.
Tout commence par le fleuve. Chaque année, le Nil débordait et laissait derrière lui une terre noire et fertile. De ce limon sont nés le blé amidonnier, les lentilles, les pois chiches et les légumes verts — la table égyptienne tout entière. Nos ancêtres appelaient le pain eish, le même mot que « la vie ». Ils en connaissaient quatorze sortes, et les bâtisseurs des pyramides de Gizeh recevaient leur salaire en pain et en bière.
Le fleuve donnait aussi le poisson. On le pêchait au filet, on le séchait au soleil, et il nourrissait les familles tout au long des berges.
La molokhia, ce vert profond que l’on verse sur le riz, portait un nom qui signifiait « majestueux » ; on raconte qu’elle était réservée aux pharaons. Et en 2018, des archéologues ont ouvert une jarre scellée dans un tombeau : à l’intérieur, un fromage halloumi de trois mille deux cents ans. Trois mille deux cents ans plus tard, le même fromage se retrouve encore sur nos tables.
En Égypte, chaque fête a son menu. On rompt le jeûne du Ramadan avec des dattes, l’Aïd appelle ses biscuits au beurre, et au printemps, à Cham el-Nessim, tout le pays sort pique-niquer avec du poisson et des oignons verts. Nous ne fêtons pas avec des discours : nous fêtons avec des plats, posés au centre de la table et toujours en trop grande quantité.
Ces plats traditionnels, nous vous les servirons bientôt : un menu égyptien complet s’en vient. Ce soir, nous vous proposons une table à mi-chemin entre l’Égypte et le Québec, nos deux maisons dans la même assiette.
Ce soir, festoyons. Ce soir, vous êtes de la famille.
Bel hana wel shefa
Avec joie et santé — bon appétit.
Gihan & Khaled